
VAN DER MEULEN Adam-François (1632-1690)
L'armée du roi campant devant Tournai Contre-épreuve à la sanguine, quelques traits de pierre noire. Repris au poinçon. Filigrane : croix de matte dans un chapelet en cercle. Identique à celui du cat. 16 et du Heawood 226. Également proche de celui de la Vue de Brisach de la Fondation Custodia (Exp. Paris, 1972, n° 53, repr.). Pliure horizontale au centre. H. 0,473 ; L. 0,540. Le campement de l'armée du roi est installé à l'ombre de grands arbres. Des groupes de soldats animent la composition ; certains jouent aux cartes, d'autres pansent les chevaux. Au fond, l'on aperçoit des cavaliers en exercice. Ce grand dessin, très endommagé, a été récemment restauré. Différentes opérations telles que le décollage de la toile, le nettoyage du support et la réintégration des parties manquantes ont été effectuées. La technique de cette feuille est complexe, elle est constituée de plusieurs contre-épreuves qui révèlent, à notre avis, l'intervention de différentes mains. On peut ainsi distinguer le groupe des cavaliers au fond ou celui du maréchal-ferrant au second plan vers la droite dont les traits sont doublés. On rapprochera stylistiquement de ce dernier personnage les autres groupes de soldats dont la facture ne rappelle aucunement celle de Van der Meulen. En revanche nous pensons reconnaître dans le traitement des arbres la main du maître. Le rapprochement avec la très belle étude du Louis XIV au prieuré de Fives (cat. 22), met en effet en valeur les affinités stylistiques. La présente composition se retrouve, en sens inverse, à droite du tableau exécuté pour Marly, L'Armée de Louis XIV campant devant Tournai (Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts, Inv. n° 207 - Exp. Bruxelles, 1965, n° 145, repr.). Signalons qu'une étude pour la partie gauche de la peinture (op. cit.), provenant des collections Eggimann puis Boussac, est passée en vente en 1926 (Paris, Galerie Georges Petit, 10-11 mai 1926, n° 125, repr.). Reprise au poinçon la composition du Mobilier national servit sans doute à Bonnart et à Boudewyns pour graver leur planche datée de 1685, L'Armée du Roy campée devant Douai (B.N.Est, Aa 101), dont le premier plan est emprunté à la peinture de Bruxelles (op. cit.). En effet, les dimensions de la partie droite de l'estampe correspondent à peu près à celles du dessin. Mais ce dernier est, à notre avis, plus directement en rapport avec une gravure de ces mêmes artistes représentant précisément, malgré quelques légères variantes, la présente scène de campement (B.N.Est, Ce 60a).
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