
COYPEL Charles-Antoine ( 1694-1752)
Huile sur toile Vers 1720-1730 Sur un fond de mosaïque jaune, deux médaillons, laissés nus, devaient accueillir les paysages sousmentionnés dans l’inventaire de 1736. Leur riche encadrement est constitué de vigoureuses feuilles d’acanthe et d’un mascaron sommé d’une palmette. Reliés par des guirlandes de fleurs, les deux cartouches sont symétriquement disposés autour d’un mascaron à tête de femme, sous lequel prennent place un carquois et un flambeau croisés. Une frise de grecques sur laquelle s’enroulent avec délicatesse des roses ou des renoncules achève de constituer l’alentour. Historique : Ce carton fait partie d’un ensemble de quatre projets pour la garniture d’un canapé, comprenant un modèle de fond (GOB-250-001), une proposition de dossier (GOB-250-002) ainsi qu’une paire de cartons pour les joues du meuble (GOB-250-003 et GOB-250-004). Les œuvres sont mentionnées en 1736 dans l’« Inventaire des tableaux à la garde du Sr Chastelain, inspecteur des Gobelins » (Fenaille, IV, 1907, p. 378) – « le canapé de l’Amour, le dossier de 9 pieds de long sur 3 pieds 5 pouces de large, le fond du même canapé de 10 pieds sur 3 pieds 1 pouce de large, les 3 joues de 3 pieds 7 pouces sur 3 pieds 5 pouces » –, accompagnées de « deux paysages qui se mettent au fond du canapé », aujourd’hui perdus. D’après Fenaille, le collectionneur Camille Groult (1832-1908) possédait vers 1900 un canapé avec un fond correspondant (Fenaille, IV, 1907, p. 378). Jean Vittet identifia quant à lui un tissage incomplet lors d’une vente à Cheverny en 1989 (Rouillac, vente Garden Party de l’orangerie du château de Cheverny, 11 juin 1989, n° 111, repr.). Le canapé devait peut-être accompagner la tenture de Don Quichotte, à la conception de laquelle contribuèrent les mêmes artistes : Charles-Antoine Coypel pour les figures et les scènes historiées, Jean-Baptiste Blain de Fontenay pour les fleurs et Claude III Audran pour les alentours ornementaux. Le fond de mosaïque présente en outre une couleur et un motif très proches des premiers tissages (Lefrançois, 1994, p. 382). Coypel, Audran et Blain avaient enfin déjà fourni des modèles pour la garniture d’un canapé destiné à accompagner la tenture vers 1719 (Beauvais-318-001 et Beauvais-318-002). Le fait que les présents cartons ne livrent aucune référence au héros de Cervantès invite toutefois Jean Vittet à considérer ce rapprochement avec prudence (Les Gobelins au siècle des Lumières, 2014, p. 329).
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